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La Poste ou transporteur privé : choisir son offre

Colissimo, point relais ou express, et les colis qui relèvent clairement de l’un ou de l’autre.

Un colis transfrontalier emprunte l’un de deux systèmes assez différents, et le choix se fait le plus souvent sur le seul prix affiché. Pour beaucoup de colis, ce n’est pas la bonne variable.

Deux systèmes, pas un continuum

Le réseau postal. La Poste accepte le colis, l’achemine jusqu’au pays de destination et le remet à l’opérateur postal local, qui le distribue. Deux organisations, une remise convenue, et des règles négociées au sein de l’Union postale universelle.

Les intégrateurs. DHL, FedEx, UPS et leurs concurrents acheminent le colis de bout en bout sur leur propre réseau et leurs propres avions, avec une seule entreprise responsable du début à la fin.

Chronopost appartient au groupe La Poste mais fonctionne comme un intégrateur : réseau propre, engagement horaire, dédouanement intégré. Ne le rangez pas mentalement avec Colissimo.

Les réseaux de points relais, Mondial Relay en tête, forment un troisième cas. La livraison se fait en commerce plutôt qu’à domicile, ce qui supprime l’échec de présentation et coûte sensiblement moins cher, au prix d’un déplacement pour le destinataire.

Le coût

Le postal est nettement moins cher sur les colis petits et légers, et l’écart est maximal en bas de la grille. Pour moins d’un kilo vers un pays lointain, c’est en général la seule réponse raisonnable pour un petit vendeur.

Les intégrateurs facturent au poids volumétrique quand celui-ci dépasse le poids réel. Un grand carton léger, un abat-jour, une couette, peut coûter plusieurs fois ce que la balance laisse penser. Calculez-le avant de conclure qu’un express est hors de prix, ou l’inverse.

Le point relais est presque toujours l’option la moins chère à l’international vers les pays où le réseau est dense, ce qui en pratique veut dire l’Europe de l’Ouest.

Le délai et sa variabilité

Les intégrateurs sont plus rapides et surtout plus réguliers. Un service en trois jours tient trois jours la plupart du temps, et il existe un dispositif qui s’en aperçoit quand ce n’est pas le cas.

Les délais postaux sont des moyennes portant sur deux organisations et une douane. Le cas courant est souvent très correct ; la queue de distribution est longue. Un colis qui met habituellement huit jours en met parfois cinq semaines sans que rien n’ait « échoué » au sens où quelqu’un pourrait le désigner.

Pour une promesse client, c’est la variabilité qui compte, pas la moyenne.

Le suivi

Le suivi d’un intégrateur est un système unique, cohérent d’un bout à l’autre.

Le suivi postal est une chaîne, et sa qualité chute au passage de la frontière. Beaucoup de services affichent des événements détaillés en France, puis un long silence après l’export, puis réapparaissent à l’arrivée. C’est normal et ne signifie pas que le colis est perdu : l’opérateur destinataire ne publie généralement rien avant d’en avoir la garde, et une vingtaine d’opérateurs ne publient presque rien.

La douane

C’est la différence qui surprend.

Les intégrateurs dédouanent dans le cadre de la prestation. Ils emploient des déclarants, transmettent par voie électronique, et la formalité est comprise dans ce que vous avez payé. Quand des droits sont dus, ils les avancent et facturent des frais de dossier.

Les envois postaux sont présentés à la douane par l’opérateur destinataire. La formalité est souvent plus simple et moins chère, parfois gratuite, mais aussi plus lente et surtout invisible : il n’y a généralement aucun moyen de voir ce qui se passe ni d’intervenir pendant que cela se passe.

Les deux exigent désormais des données électroniques anticipées. Le formulaire papier collé sur le carton ne suffit plus pour la plupart des destinations, et un affranchissement acheté en ligne transmet ces données automatiquement. Le cas le plus exposé au blocage reste l’affranchissement acheté au guichet avec un formulaire manuscrit.

La responsabilité, où se joue la vraie différence

La responsabilité d’un intégrateur est contractuelle et relativement généreuse, avec une assurance possible jusqu’à la valeur déclarée.

La responsabilité postale est fixée par convention internationale et reste faible, souvent très en dessous de la valeur des marchandises. L’indemnisation d’un colis international ordinaire perdu peut être un montant forfaitaire modeste, et un envoi ni suivi ni assuré peut n’ouvrir droit à rien.

La règle qui en découle est simple : c’est la valeur du contenu, et non la taille du colis, qui doit guider le choix. Un article à 400 EUR dans une petite boîte légère est exactement le colis qui ressemble à du postal sur le prix et n’en est pas un sur le risque.

Les délais de réclamation diffèrent aussi

Les deux systèmes imposent de réclamer dans un délai, et ces délais ne sont pas les mêmes. Une réclamation postale ne peut souvent même pas être ouverte avant qu’un nombre minimal de jours se soit écoulé, puis se ferme quelques mois plus tard. Les intégrateurs veulent en général une avarie signalée très vite après la livraison, parfois sous quelques jours.

Les deux sont plus courts qu’on ne le suppose, et ils courent depuis le dépôt ou la livraison, pas depuis la réclamation du client.

Un choix par défaut qui tient

  • Petit, léger, de faible valeur, non urgent : Colissimo, suivi si la place de marché l’exige.
  • Vers l’Europe de l’Ouest, client d’accord pour se déplacer : point relais, moins cher et sans échec de présentation.
  • Au-dessus de la valeur que vous n’aimeriez pas perdre : intégrateur, ou postal assuré si la destination le permet.
  • Volumineux mais léger : vérifiez le poids volumétrique avant tout.
  • Urgent ou avec une date promise : express, car c’est la régularité que vous achetez.

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